Katharina Kreil
Vœux
Splügen Pass, Genève,
Suisse Genova, Italie. De juillet 2003 à mai 2004
Juillet 2003.
Sur le col du Splügen Pass
à cheval entre la frontière suisse et italienne a
lieu une rencontre de femmes artistes du réseau international
InVia. A cette occasion, je réalise une installation sur
un thème commun : « Saint & Saintes patrons
(es) de protection. Vingt-neuf arches-fenêtres d’un
ancien tunnel anti-avalanches sont mises à disposition des
artistes. J’ai placé plusieurs bouteilles avec des
représentations de Saint (es) découpés dans
de vieilles cartes postales à l’intérieur, un
petit mot invite les visiteurs de l’exposition à écrire
un vœu et il est précisé : « Ces
vœux seront ensuite amenés jusqu’à la
mer… ». Dans ce cadre je fais la connaissance
de Luisella Carretta qui expose son travail « Angelo
custode » dans une des arches voisines. Je lui explique
mon projet avec ces bouteilles et que j’aimerais faire un
rituel, une offrande à la mer…Que toute création
est comme une bouteille jetée à la mer, elle suit
ensuite son propre destin et celui-ci nous échappe. Luisella
me propose de faire cette performance à Gênes, sa ville,
et m’invite à venir chez elle au printemps, lorsque
la mer sera plus calme. J’accepte avec plaisir cette invitation,
la mission des bouteilles m’ouvre de nouveaux horizons, occasionne
de nouvelles rencontres, de nouveaux voyages. De juillet à
septembre (durée de l’exposition) les bouteilles sont
restées sur le col et se sont remplies de mille et un vœux
(chiffre approximatif).
Mai 2004.
Arrivée à Gênes
avec mille et un vœux et accompagnée de Régine
Ramseier, une artiste suisse qui a aussi exposé au col de
Splügen, Luisella nous réserve un chaleureux accueil
dans son atelier installé dans un ancien palace et nous organisons
les préparatifs en vue de la performance. J’achète
un grand bouquet de roses rouges au marché. Le lendemain
nous prendrons un bateau touristique au départ de Camogli.
Luisella a organisé un itinéraire « inspiré »
et approprié aux circonstances. Nous découvrons ainsi
des lieux qui lui sont chers. Chacune de nous a un rôle bien
précis, Luisella « l’organisatrice et coordinatrice »,
Régine « responsable de la caméra pendant
l’action » et moi-même qui doit assurer le lancé
des bouteilles à la mer.
Les lieux : Camogli, une superbe
village sur la côte Ligure avec des maisons très hautes
face à la mer, Camogli veut dire maisons des épouses.
De là, les femmes observaient le départ et le retour
de leur époux marins et pêcheurs, elles envoyaient
aussi leurs fils pour la première fois en mer. Il y a aussi
dans ce village des poêles géantes en vue de fritures
de poissons gargantuesques organisées annuellement lors de
fêtes évoquant l’épisode religieux de
la pêche miraculeuse. Luisella achète la spécialité
locale de focaccia au fromage en prévision de notre pique-nique.
Nous nous rendons à San Fruttuoso, sur la pointe de Portofino.
Au moyen-âge, un navire avec des prêtres à bord
s’est échoué à cet endroit et ils ont
construit un monastère.
Je m’installe avec toutes
mes bouteilles et mes roses sur la banquette arrière du bateau,
discrètement Luisella me dit : « Nous
sommes des touristes et nous ne parlons pas italien ».
Régine se tient prête avec la caméra, je me
retrouve un peu dans l’état d’excitation d’un
enfant entrain de faire quelque chose d’interdit. Je jette
d’un geste ample une première bouteille qui disparaît
dans l’écume, puis une autre et encore une autre, il
y en aura quinze en tout. Les passagers s’étonnent
un peu, certains croient qu’il s’agit d’un mariage,
d’autres prennent des photos. A l’arrivée du
bateau à San Fruttuoso il me reste encore sept bouteilles
à jeter, je le ferais sur le trajet du retour. A ce moment
là une femme très fâchée s’élance
vers moi et me réprimande de cette action « anti-écologique ».Alors
qu’elle me tient son discours, je remarque le nombre de détritus
plastiques qui jonchent le sol autour de nous.
La faim se fait sentir et nous
trouvons un joli coin pour manger et passer un peu de temps au soleil
en attendant le prochain bateau et le départ de la femme
enragée. Bientôt la femme est partie, la voie est libre,
nous partons aussi.
Les sept dernières bouteilles
ont vite fait de disparaître sous les flots.
Quatorze jours plus tard la
bouteille Santa Caterina a été trouvée par
un des élèves de la classe de Madame Angela Bassi
à Varazze (Ligurie) Elle a pu retrouver mon numéro
grâce à un e-mail trouvé dans l’un des
vœux.
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Rose et bouteille
(foto dell'autore) |
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Sur le bateau
(foto R. Ramseier) |
Katharina Kreil
Voti
Passo dello Spluga, Ginevra, Svizzera
Genova, Italia. Da luglio 2003 a maggio 2004
Luglio 2003.
Sul colle del Passo dello Splugaa
cavallo tra la frontiera svizzera e quella italiana ha luogo un
incontro tra donne artiste del gruppo internazionale In Via. In
questa occasione realizzo una installazione sul tema comune “Santi
Protettori e Sante Protettrici”. Ventinove finestre ad arco
di un vecchio tunnel anti valanghe sono a messi a disposizione delle
artiste. Ho sistemato diverse bottiglie con dentro delle immagini
di Santi –Sante ritagliate da vecchie cartoline; una piccola
frase invita i visitatori a scrivere un voto e spiega :<<
Questi voti saranno poi portati al mare>>. In quest’ambito
conosco Luisella Carretta che espone il suo lavoro “Angelo
Custode” in uno spazio vicino. Le spiego il mio progetto con
le bottiglie e che mi piacerebbe fare un rito, un’offerta
al mare…che tutta l’opera creativa è come una
bottiglia lanciata in mare, che poi segue il suo destino, e che
ci sfugge. Luisella mi propone di fare questa performance a Genova,
la sua città, e mi invita ad andare da lei in primavera quando
il mare è più calmo. Accetto con piacere quest’invito,
la missione delle bottiglie mi apre nuovi orizzonti,nuovi incontri,
nuovi viaggi. Tra luglio e settembre (durante la mostra) le bottiglie
sono rimaste sul colle e si sono riempite di mille e un voto.(cifra
approssimativa).
Maggio 2004.
Sono arrivata a Genova con mille
e un voto in compagnia di Regine Ramseier, un’artista svizzera
che ha esposto anche lei al colle del Passo dello Spluga. Luisella
ci riserva una calorosa accoglienza nel suo studio in un antico
palazzo e facciamo i preparativi in vista della performance. Compro
al mercato un grosso mazzo di rose rosse. Il giorno dopo prenderemo
un battello turistico per Camogli. Luisella ha organizzato un percorso
“ispirato” e adatto alle circostanze. Scopriremo anche
dei luoghi che a lei sono cari. Ognuna di noi ha un ruoloben determinato:
Luisella, organizzatrice e coordinatrice; Regine, addetta alla macchina
fotografica durante l’azione ed io che devo garantire il lancio
in mare delle bottiglie.
I luoghi: Camogli, un magnifico
paese della costa ligure con case altissime di fronte al mare; Camogli
significa casa delle mogli. Da lì le donne osservavano la
partenza e il ritorno dei loro mariti marinai e pescatori, da lì
mandavano anche i loro figli per la prima volta in mare. In questo
paese ci sono anche delle padelle gigantesche in attesa di fritture
di pesce pantagrueliche organizzate una volta l’anno durante
le feste che ricordano l’episodio religioso della pesca miracolosa.
Luisella compra la specialità locale, la focaccia al formaggio,
in previsione del nostro pranzo all’aperto. Ci rechiamo a
San Fruttuoso, sulla punta di Portofino. Nel Medioevo una nave con
a bordo dei sacerdoti si è incagliata in questo luogo e questi
vi hanno costruito un monastero.
Mi sistemo con tutte le mie bottiglie
e le tutte le mie rose sul banco a poppa del battello; Luisella
in modo discreto mi dice:<< Siamo delle turiste e non parliamo
italiano>>. Regine si tiene pronta con la macchina fotografica,
io sono un po’ nello stato di eccitazione di un bambino che
sta per fare qualcosa di proibito. Lancio con un ampio gesto una
prima bottiglia che sparisce tra la schiuma, poi un’altra
e un’altra ancora, quindici in tutto. I passeggeri si stupiscono
un po’, alcuni credono che si tratti di un matrimonio, altri
fanno fotografie. All’arrivo del battello a San Fruttuoso
mi restano ancora da lanciare sette bottiglie: lo farò durante
il viaggio di ritorno. In quel momento una donna molto stizzita
si lancia verso di me e mi rimprovera di questo gesto “anti
ecologico”. Mentre lei mi fa il suo discorso, io noto il numero
dei rifiuti di plastica che giacciono a terra intorno a noi.
La fame si fa sentire e troviamo
un grazioso angolo per mangiare e trascorrere un po’ di tempo
al sole aspettando il prossimo battello e la partenza della donna
arrabbiata. Presto la donna se ne va, la via è libera, partiamo
anche noi.
Le ultime sette bottiglie sono
presto fatte sparire nei flutti.
Quattordici giorni più
tardi, la bottiglia Santa Caterina è stata trovata da un
alunno della classe della Signora Angela Bassi di Varazze (Liguria).
Ha potuto rintracciare il mio numero grazie ad una e-mail trovata
in uno dei voti.
(trad.:di C.Cuneo)
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